Maxime Bagni

No Light Zone, 2018

Silicone, eau, 8 m2.

En mai 2019, l’exposition au sein du pavillon des Beaux-Arts de Nantes dans le Suncheon Bay Garden s’est articulée autour des enjeux de perspective et de représentation du con it coréen. La proposition No Light Zone trouve son origine dans ces questionnements: dans quelle mesure la déambulation touristique, organisée autour de la DMZ, est elle-même une perspective, un cadrage du con it coréen, où les rapports du corps à l’espace jouent un rôle décisif ? Aussi, dans un paysage de guerre, la jubilation touristique de se rapprocher de l’interdit serait-elle une illusion au sein d’une frontière aux points de vue limités et par conséquent contrôlés ?

Ces problématiques trouvent un fort écho dans les paradigmes inhérents à l’espace d’exposition traditionnel, dont la perspective sur un événement dépend de choix idéologiques étroitement liés à la circulation du regard et du corps.

Est reproduit au sol, dans un espace de 8m2, une cartographie de rizières et de champs d’agriculture sud- coréens, limitrophes à la Corée du Nord. Cette topographie s’élève à 2 cm dans une dalle d’eau coulée au sein d’une structure étanche.

No Light Zone est un « no man’s land » qui induit de multiples regards, conditionnés par la répartition de la lumière et les re ets de l’environnement à la surface de la sculpture. La pièce s’étend à plat à travers une salle de l’espace d’exposition, fait corps avec le sol et fait frontière. Cependant elle n’est pas une frontière coercitive, ni un obstacle érigé, mais interroge plutôt la retenue du public; la pudeur de traverser un espace d’eau inoffensif soulève une question interpellante: qu’est-ce qu’une frontière consentie ?

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