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An-My Lê, Film Set ("Free State of Jones"), Battle of Corinth, Bush, Louisiana, 2016

3- LE PAYSAGE - SPECTACLE DE LA GUERRE

Troisième piste de travail, les paysages de la guerre et du conflit représentent un terrain d’exploration particulièrement pertinent et fertile en Corée, où la DMZ (la zone dite « démilitarisée », qui se trouve être la zone probablement la plus fortement militarisée au monde) présente, derrière les barbelés, un sanctuaire écologique inviolé, préservé précisément par son statut militaire particulier qui date de plus de 60 ans. La DMZ est toujours une zone de guerre, puisque qu’aucun traité de paix n’a été signé entre les deux Corées, à la fin de la guerre, en 1953. Seul un armistice régit à ce jour les relations entre les deux pays (et les Etats-Unis).

 

La DMZ est une réserve naturelle de 1000 kms2 : des forêts, des marécages, des dizaines de milliers de grues, des ours noirs, des tigres de Corée, des daims musqués, 70 types de mammifères et 300 espèces d’oiseaux, 146 espèces d’animaux en voie d’extinction sont venus se réfugier sur ce territoire d’une « paix froide », également pourvu de 3000 variétés de plantes. Mais aussi de miradors, de milliers de mines antipersonnelles et d’un million de soldats, nord et sud-coréens, et américains, face à face.

 

Le gouvernement sud-coréen a déposé à l’Unesco, en 2011, une demande d’inscription de la DMZ sur la liste des réserves de biosphère, qui n’a pas été retenue en raison de l’opposition à ce projet du gouvernement nord-coréen.

 

Ce contexte paradoxal sera envisagé par les étudiants et les artistes, en relation avec le Real DMZ Project, dans une volonté de compréhension également géopolitique.

 

Le Real DMZ Project est un projet d'art contemporain basé sur des recherches menées sur la zone démilitarisée (DMZ) en Corée du Sud et sur sa zone frontalière. Ayant initié une perspective critique sur les aspects ironiques qui entourent la zone démilitarisée, le projet a élargi ses paramètres en expérimentant non seulement de nouvelles productions et expositions mais aussi via un dialogue et des discussions dans le domaine des sciences humaines et sociales. Dans sa première édition en 2012, le projet a été organisé sous la forme d'une exposition tenue à la fois dans et hors de la zone de contrôle civile dans le comté de Cheorwon. Il a étendu ses paramètres non seulement géographiquement au Centre Art Sonje à Séoul, et à l'établissement d'une nouvelle résidence d'artiste dans l'ancien village de propagande de Yangji-ri, mais aussi en incluant des discussions, des ateliers et des conférences dans le domaine des sciences humaines et sociales. Le Real DMZ Project envisage à long terme de créer une plate-forme qui non seulement supporte une variété de méthodes de recherche et de formats d'exposition, mais garantit également que les résultats sont rendus accessibles dans des archives ouvertes[1].

[1]  Traduction Ch.Carlut d’après le site : http://www.realdmz.org/about

3- THE LANDSCAPE - SHOW OF THE WAR

Thirdly, the war and conflict landscapes represent a particularly relevant and potentially fertile ground for exploration in Korea, where the DMZ (the so-called ‘Demilitarized Zone,’ which is probably the most heavily militarized area in the world). world) presents, under the barbed wire, an inviolate ecological sanctuary, preserved precisely by its particular military status, which is more than 60 years old. Because no peace treaty was signed between the two Koreas at the end of the war in 1953 the DMZ is still a war zone. Only an armistice governs relations between the two countries.

The DMZ is a 386-square-mile (1,000 km2) nature reserve containing forests, swamps, tens of thousands of cranes, black bears, Korean tigers, musk deer, 70 types of mammals, and 300 species of birds. 146 species of endangered animals have come to take refuge on this territory of a 'cold peace,' also populated by 3,000 species of plants. The DMZ also features watchtowers, thousands of antipersonnel mines, and a million North Korean, South Korean, and American soldiers, face-to-face.

 

In 2011, the South Korean government submitted an application to UNESCO for registration of the DMZ on the list of biosphere reserves, which was not retained because of opposition to this project of the northern government.

This paradoxical context will be considered by the students and the artists, in relation to the Real DMZ Project—also in a will of geopolitical understanding.

The Real DMZ Project is a contemporary art project based on research on the Demilitarized Zone (DMZ) in South Korea and its border area. Having initiated a critical perspective on the ironic aspects surrounding the demilitarized zone, the project has expanded its parameters by experimenting not only new productions and exhibitions but also through dialogue and discussions in the field of human and social sciences. In its first edition in 2012, the project was organized in the form of an exhibition held both in and out of the Civilian Control Zone in Cheorwon County. The parameters of the DMZ were extendedm not only geographically to the Art Sonje Center in Seoul and the establishment of a new artist residency in the former propaganda village of Yangji-ri, but also by including discussions, workshops, and conferences in the fields of human and social sciences. The Real DMZ Project plans, in the long run, to create a platform that not only supports a variety of search methods and exhibition formats, but also ensures that the results are made accessible in open archives.